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Un Français croque ses tribulations à Tokyo

le 26/3/2009 à 10h55  par Camille Testard

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Pendant 6 mois, Florent Chavouet a parcouru les rues de Tokyo à vélo. Muni d'une chaise pliante et de ses crayons, il a dessiné au fil de son périple ses multiples expériences et sensations. En ressort un livre inédit et plein d'humour, qui donne un aperçu très réel de la ville. Interview.

A quel public destinez-vous ce livre?

- Au départ, un peu à tout le monde. Mais je m'aperçois maintenant que certaines remarques dans mes dessins et certaines anecdotes sont peut-être plus amusantes pour quelqu'un qui connait déjà un peu le Japon. En revanche, j'espère que mon style graphique, essentiellement au crayon de couleur, peut plaire à un large public, et pas seulement aux seuls amateurs de B-D.

Vous dites dans la préface du livre que ce n'est pas un guide, quel en est le but?

- J'avais surtout envie d'"enregistrer" mon séjour de 6 mois à Tokyo (en 2006) en dessinant tout ce qui m'entoure. Une sorte d'archivage sur papier. Et puis ensuite il fallait organiser le tout. Je ne voulais pas trop non plus raconter ma vie personnelle, à la manière d'un blog, car le sujet reste Tokyo. J'ai donc dû trouver un compromis, entre le "témoignage" et le "reportage". Je ne dirais pas que ce n'est pas du tout un guide finalement. Mais un guide incomplet plutôt. Un guide sélectif ( ma sélection! ).

Qu'est-ce qui vous a inspiré à créer un livre comme celui-ci?

- Difficile à dire. J'aime dessiner et j'aime le Japon. Il m'est donc apparu normal, dès que j'en ai eu l'occasion, de réunir ces 2 passions. Ensuite je m'intéresse beaucoup à la BD, et j'ai fait des études artistiques. Je pense donc que je n'ai pas eu besoin d'un élement en particulier qui m'invite à commencer ce projet. Par contre je regarde très peu de carnets de voyage.

Pourquoi avez-vous choisi de faire de votre journal de bord un livre?

- Très tôt après mon arrivée au Japon, j'avais envie de concrétiser un projet. Peut-être une BD ou quelques choses comme ça. Mais je n'avais ni scénario, ni amorce d'histoire. J'ai donc choisi le plus simple: dessiner ce qui m'entoure. Tokyo est suffisamment riche visuellement pour offrir des sujets d'illustration chaque jour. Et puis c'était mon premier long séjour dans cette ville, donc je ne pouvais pas m'empêcher d'ajouter sur mes planches quelques remarques et anotations sur mon expérience. J'avais toujours en tête l'espoir de me faire éditer par la suite, mais je ne savais pas vraiment si ce que je faisais était recevable par un éditeur et compréhensible pour un hypothétique public. Je naviguais un peu à vue.

Quelle a été votre démarche pour trouver un éditeur?

- C'est de loin ce qui a été le plus dur. J'ai commencé à démarcher dès mon retour en France, début 2007. J'envoyais par mail quelques planches de mes carnets, à toutes sortes d'éditeurs. J'étais allé voir dans les rayons de la fnac quels étaient ceux qui éditaient des carnets de voyage. Sans réponse. Et finalement c'est au Salon du livre jeunesse de Montreuil (lors des rencontres D.A. qui sont une très bonne chose d'ailleurs) que j'ai rencontré les éditions Philippe Picquier. Je savais qu'ils étaient spécialisés dans la littérature asiatique en général, mais j'ai découvert par contre qu'il faisait des illustrés. Et donc ça a bien marché, ils ont apprécié mon projet, et on a discuté des modifications à apporter pour le rendre "accessible" et plus abouti.

Est-ce que vous avez dessiné uniquement à partir de choses vues?

- Oui. Je tenais praticulièrement à cette méthode, que j'ai perfectionné au fur et à mesure de mon séjour ( achat d'une chaise pliante et de quelques accessoires). Le résultat final est toujours différent de ce qu'il aurait donné si j'avais dessiné chez moi d'après photo, et en plus cela permet de rencontrer du monde, car les Japonais sont très curieux. Cela provoquait des "mini-évênements" que je rajoutais souvent en marge de mon dessin initial.

Pourquoi avoir annoncé chaque quartier par un koban?

- Justement une des choses apportée par l'éditeur c'est l'idée de chapitrer le livre par quartier et de présenter ces quartiers par des Koban. Les Kobans et les cartes sont donc les seules éléments que je n'ai pas dessinés in situ. Ils sont exécutés d'après photos et documents. Les petits commissariats de quartier au Japon d'une manière générale, sont plutôt amusants car il y a une sorte de permanence dans leur intérieur ( plan de quartier, portraits des personnes recherchées, vieux téléphone...) et une grande variété dans leur extérieur. On reconnait tout de suite un Koban, bien qu'il n'y en ait pas 2 pareils. Ils sont une sorte de "logo" de "signature" du quartier où ils se trouvent. Et puis dans mon livre je parle un peu de mon expérience avec la maréchaussée japonaise, cela faisait donc un fil conducteur.

Avez-vous le projet de faire d'autres livres du même genre?

- J'aimerais vraiment beaucoup! Si c'était possible je souhaiterais passer ma vie à faire ça! Mais ça ne dépend pas que de moi. Car cela nécessite de rester un certains temps dans un pays, quel qu'il soit, et donc financièrement de pouvoir se le permettre. Pour Tokyo Sanpo, j'ai eu la chance de résider dans une des villes les plus chères du monde, à moindre frais, grâce à ma copine dont l'employeur payait le logement. Sans ce détail, au combien important, le livre n'aurait sans doute pas pu se faire. Mais dans l'absolu, j'adorerais multiplier l'expérience. J'ai une affection particulière pour le Japon, donc j'aimerais faire de nouveaux carnets sur ce pays, la campagne notamment, que je trouve très très intéressante. Mais d'une façon générale, je ne rechignerais pas à faire la même chose au Brésil, au Gabon, en Chine, en Australie ou aux Fidji! Aucun pays ne mérite l'absence de coups de crayons. J'adorerais voir une nouvelle collection de guides/carnets dans cet esprit, qui concurencerait toutes les autres collections du genre! Mais ça c'est pas moi qui décide...

"Tokyo Sanpo : promenades à Tokyo", de Forent Chavouet, éditions Picquier, 206 p., 22 €.

Le site de l'auteur : http://www.florentchavouet.com/home.htm

Retrouvez l'interview de Philippe Picquier sur Aujourd'hui le Japon en cliquant ici!

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