Se loger pas cher à Tokyo : la "guesthouse"
le 27/10/2006 à 15h28
par Mikaël Lefrançois
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Trouver un logement à Tokyo est souvent la première galère du nouvel arrivant. Une solution économique mais temporaire : la « guesthouse ».
Pratique et économique. Les « guesthouses » ou « gaijinhouses » (respectivement maison d’hôtes et maison d’étrangers) sont la solution logement pour les budgets serrés. Gérées par des particuliers ou des agences, ces appartements, maisons ou immeubles en colocation sont nombreux à Tokyo. Quand elles ne sont pas réservées aux étrangers, elles logent également de nombreux « freeters » japonais (travailleurs précaires). « Cela fait un an et demi que j’habite dans cette guesthouse. Le bon côté, c’est que toutes les charges, comme l’électricité ou le gaz, sont comprises dans le loyer. En plus, je n’avais pas besoin d’acheter de meubles, tout est équipé », se réjouit Yoko, une Japonaise de 30 ans, styliste à Tokyo. Après avoir habité dans plusieurs colocations lors de son séjour en Angleterre, il y a plus d’un an, Yoko voulait retrouver la même ambiance à Tokyo. « Je me disais qu’en vivant seul dans un appartement, dans une « mansion » (immeuble de type occidental) comme beaucoup de Japonais, j’aurais plus de mal à me faire des amis. Et je voulais continuer à pratiquer mon anglais ».
Il est beaucoup plus difficile pour un étranger d’avoir accès à un logement conventionnel. De nombreuses agences immobilières japonaises refusent encore de proposer leurs services aux « gaijin » (littéralement gens de l’extérieur). D’autres le font, mais souvent en contrepartie de loyers plus onéreux. « Il m’est arrivé de lire sur une annonce immobilière : pas d’animaux, pas d’enfants, pas d’étrangers ». Max, 30 ans, employé de restauration à Tokyo, force le trait mais souligne un problème rencontré par nombre d’étrangers au Japon. La signature d’un garant japonais est la plupart du temps demandé.
Deuxième obstacle : un coût d’emménagement à faire pâlir le nouvel arrivant. A l’habituelle caution (shikikin), généralement de deux mois de loyer, s’ajoute le traditionnel cadeau au propriétaire (reikin), également de deux mois, ainsi que les frais d’agence et le premier mois de loyer. Une addition salée : six mois de loyer déboursés avant même d’avoir fait un pas dans son appartement. D’autant plus que seule la caution est remboursable. Bien qu’illégal, le cadeau au propriétaire reste une coutume largement respectée au Japon.
Loger dans une guesthouse permet d’éviter les embarras des logements conventionnels : ni garant, ni cadeau au propriétaire ne sont requis. La colocation en guesthouse n’a toutefois pas que des bons côtés. Sylvain, stagiaire à Tokyo, a un avis partagé sur la question. Il habite une guesthouse dans la banlieue de Tokyo depuis six mois pour un loyer raisonnable au vu des prix de la capitale. Mais il regrette le confort de son appartement niçois. « Pour le même prix ici, je ne trouve pas la moitié de ce que j’avais en France ». Selon lui, la guesthouse n’est une bonne solution qu’à court terme. « La vie en communauté, c’est bien au début, les premiers mois. Mais quand tu rentres du boulot, c’est quand même mieux d’avoir ton espace à toi, ta cuisine, ta salle de bain » avertit-il.Mieux vaut aussi visiter les lieux avant de réserver. Chambres exigües, fuites d’eau, colonies de cafards : le confort n’est pas toujours au rendez-vous. Après un saut par la France, Sylvain compte bien revenir au Japon pour y travailler. La prochaine fois, il optera pour un appartement classique. « Il suffit de bien chercher » assure-t-il.
Liens d’agences de guesthouses :
www.tokyoroomfinder.com
www.t-guesthouse.jp
www.sakura-house.com
www.oakhouse.jp
De nombreux témoignages et infos sur les guesthouses :
www.forumjapon.com/forum/viewtopic.php?t=1966
Logement
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