VIVRE LE JAPON > ACTUALITÉS : Le Japon pratique

 

S'intégrer dans une entreprise japonaise, un parcours initiatique

le 20/12/2006 à 8h11  par Mikaël Lefrançois

Poster un commentaire : Note moyenne : (2 avis)    Augmenter la taille du texte Diminuer la taille du texte Imprimer l'article Envoyer l'article par email

Au Japon, travailler dans une entreprise c’est avant tout faire partie d’une famille. Les relations de travail sont régies par des codes propres à la société japonaise. L’employé étranger devra témoigner d’efforts et d’abnégation pour réussir son intégration. Un parcours souvent déroutant, raconté par quelques jeunes français qui ont tenté l'aventure.

Thibault est exténué. Depuis qu’il a été embauché dans une grande entreprise japonaise de diffusion par Internet, il accumule les longues journées de travail. « Les heures supplémentaires ne sont pas décomptées » pointe Thibault. Peu importe l’heure, quitter son poste avant d’avoir bouclé son travail est très mal perçu dans son entreprise. Un jour il s’est fait réprimander par son patron à ce sujet. « Il était déjà 22h et je voulais rentrer chez moi. Il m’a dit que je ne pouvais pas juste m’excuser et partir. Il voulait que je reste pour finir ce que j’avais à faire». Seulement, le salaire que touche Thibault n’est, selon lui, pas à la hauteur des efforts qui lui sont demandés.
Qui dit longue journée ne signifie pas forcément travail efficace. Max, employé de restauration à Tokyo, est formel : « les employés japonais ne sont pas là pour produire, mais pour faire des heures ». Nombre d’entre eux paressent à leur bureau, d’autres piquent un somme. Mais la tradition, encore respectée au Japon, veut que l’employé ne quitte pas le bureau avant son supérieur.

« Des relations de travail infantilisantes »

Chacun à sa place. L’harmonie au sein de l’entreprise japonaise dépend largement du respect de la hiérarchie. Un candidat à l’embauche est d’ailleurs évalué au regard de sa capacité à s’intégrer au collectif de travail. Quant à la prise de décision, le consensus reste de règle au Japon. Tous les employés sont invités à faire entendre leur voix et à proposer de nouvelles idées. Pourtant, sous le poids de la hiérarchie, l’autocensure des employés peut parfois biaiser cette procédure. « Toutes les personnes concernées doivent donner leur accord. Mais souvent elles le donnent parce que le chef le demande » remarque Hélène, stagiaire à Tokyo dans une grande compagnie étrangère.
La fréquence des réunions de travail est d’ailleurs pour elle la marque de relations « paternalistes et infantilisantes ». Au vu de son expérience en France, elle a le sentiment que les employés japonais sont moins libres.
Toutefois, d’autres logiques peuvent interférer dans les relations hiérarchiques. L’ancienneté conditionne également les rapports sociaux au Japon. Max l’a ressenti dans son travail. Son patron, plus jeune que lui, lui témoigne du respect. Hélène s’étonne pour sa part que ses supérieurs lui demandent de temps en temps des conseils, voire des ordres. Selon elle, l’avis des étrangers pèserait plus dans une entreprise japonaise.

Les soirées arrosées, ciment du groupe

Le nomikai (soirée arrosée entre collègues de bureau) est le passage obligé pour intégrer cette « seconde famille » qu’est l’entreprise. Les employés y cultivent leur esprit de groupe, leur « entre soi ». Les frais sont d’ailleurs souvent pris en charge par les entreprises. L’alcool aidant, les langues se délient, la hiérarchie fait mine de s’effacer. Quoique majoritairement fréquentés par les employés masculins, les femmes peuvent aussi participer à ces dîners si elles le désirent. « Même pendant ces soirées, il faut faire attention à ne pas dire du mal des autres employés. Quand quelqu’un le fait devant vous, mieux vaut dire qu’on ne sait pas, qu’on ne connaît pas assez bien la personne » prévient Hélène. L’excuse de l’ivresse autorise pour autant des rapports plus directs entre chef et employés. « Ils se lâchent, parfois beaucoup même. Le problème est que le lendemain, ils sont encore plus coincés » déplore Thibault.

A la fin de son interview, Hélène s’apprête justement à rejoindre ses collègues pour aller au restaurant. « Pour eux, il n’y a pas de jour pour aller boire » confie-t-elle.

Travail

Poster un commentaire : Note moyenne : (2 avis)

Liens commerciaux

Votre portail d'information sur le Japon : Tout savoir sur l'actualité économique et culturelle, l'investissement, le tourisme et la vie au Japon

Aujourd'hui le Japon est une production conjointe Hikari Productions (articles, vidéos) et Sumhit (développement et référencement)

Découvrez également nos sites d'information sur l'Asie : Chine, Japon, Corée, Inde, JO Pékin 2008 et notre portail pour les français expatriés

Vidéos sexy des télés étrangères