PSA Peugeot Citroën pourrait prendre le contrôle du japonais Mitsubishi
le 3/12/2009 à 12h04
par AFP
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Le constructeur français pourrait prendre de 30 à 50% des parts de Mitsubishi. L'alliance créerait le 6e groupe automobile mondial. PSA a beaucoup à apprendre de Mitsubishi dans le domaine des véhicules électriques et sur les marchés asiatiques, tandis qu'un tel accord permettrait au constructeur nippon de redresser sa situation financière
Le constructeur automobile français PSA Peugeot
Citroën et son homologue japonais Mitsubishi ont annoncé jeudi avoir entamé des
discussions pouvant conduire à un "partenariat stratégique" et, selon la presse
nippone, à une large prise de participation du français dans le japonais.
L'alliance entre les deux groupes créerait le sixième constructeur
automobile mondial, avec des ventes totalisant 4,45 millions de véhicules, selon
les chiffres de 2008.
"PSA confirme avoir débuté des discussions avec Mitsubishi Motors Company
pour examiner ensemble les voies possibles d'un élargissement de leurs relations
pouvant aller jusqu'à un partenariat stratégique", selon un communiqué diffusé
jeudi par le premier constructeur automobile français.
Selon le journal économique japonais Nikkei, PSA s'apprête à prendre le
contrôle de 30 à 50% du capital de Mitsubishi Motors, fragilisé par la crise
économique et financière, et les deux groupes auraient déjà eu des discussions
très avancées.
PSA Peugeot Citroën a longtemps été réticent à un rapprochement global avec
un autre constructeur, préférant des coopérations techniques ponctuelles.
Les deux groupes ont des présences géographiques complémentaires, et PSA
pourrait bénéficier de la position de Mitsubishi sur les marchés émergents
d'Asie, a indiqué à l'AFP une source proche du dossier.
D'après la presse japonaise, le plan le plus probable est que Mitsubishi
émette pour 200 à 300 milliards de yens d'actions nouvelles (1,5 à 2,3 milliards
d'euros) que PSA achèterait, ce qui correspondrait à 30 à 50% des parts du
constructeur nippon.
Un porte-parole de Mitsubishi a confirmé que les deux groupes discutaient
"de projets au bénéfice des deux entreprises". "Une alliance capitalistique est
l'une des possibilités", a-t-il expliqué à l'AFP, ajoutant que rien n'avait été
décidé pour l'instant.
"C'est seulement le démarrage des discussions", a également indiqué un
porte-parole de PSA interrogé par l'AFP, refusant de confirmer qu'elles
portaient sur une prise de participation.
Le porte-parole du constructeur français a cependant rappelé des
déclarations du président du groupe, Philippe Varin, selon lesquelles "des
alliances capitalistiques n'étaient pas à exclure". Il avait ainsi affirmé
durant l'été qu'il était "important, voire essentiel, que le groupe renforce
significativement sa présence sur (les) marchés porteurs" des pays émergents.
Selon l'analyste Mamoru Kato, expert en industrie automobile au centre de
recherche Tokai Tokyo, le projet n'est clairement pas celui d'un accord à
égalité. "Tout le monde pensera qu'il s'agit d'un rachat de Mitsubishi", a-t-il
déclaré.
Il a estimé que les deux groupes étaient complémentaires. "Ils se sont déjà
rapprochés. Ce serait bon pour eux d'aller plus loin. Peugeot gagnerait
l'expertise de Mitsubishi dans le domaine de l'environnement et d'autres
technologies, ainsi que son réseau en Asie", a-t-il expliqué.
PSA et Mitsubishi sont déjà partenaires depuis plusieurs années, rappelle le
groupe français. Ils développent ensemble les véhicules 4x4 Peugeot 4007 et le
Citroën C-Crosser, des technologies propres avec les véhicules électriques et
une coentreprise en Russie, à Kaluga, selon le communiqué de PSA.
Si le rapprochement se concrétisait, il s'agirait de la deuxième grande
alliance entre un contructeur français et un japonais. Renault a conclu il y 10
ans une alliance avec Nissan.
AutomobileFrance
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