Les "Robins des bois" démocrates en route vers le pouvoir au Japon
le 27/8/2009 à 12h14
par Roland de Courson (AFP)
Poster un commentaire :
(0 avis)
Le Parti démocrate du Japon (PDJ) a promis une politique économique axée sur l'éradication des inégalités sociales, un programme à propos duquel les économistes sont partagés.
Allocations familiales, gratuité de l'enseignement, amélioration du sort des
chômeurs, limitation des contrats de travail précaires, abolition des péages
autoroutiers..."Nous augmenterons le revenu disponible de chaque foyer et nous
éliminerons l'anxiété face au quotidien", affirme le PDJ dans son programme pour les élections législatives auxquelles il devrait remporter une large victoire selon les sondages.
La quasi-totalité des promesses s'adressent aux ménages et aux plus démunis,
le PDJ se montrant peu bavard quant à ses projets en faveur des entreprises.
Il prévoit toutefois d'abaisser de 18 à 11% l'impôt pour les petites et
moyennes sociétés, et de subventionner les produits "verts" comme les voitures
hybrides ou électriques et les panneaux solaires. "Notre stratégie, c'est de commencer par améliorer les revenus des ménages,
ce qui fera croître ensuite l'économie", a expliqué le chef du PDJ Yukio
Hatoyama, qui deviendra Premier ministre en cas de victoire.
Le PDJ a chiffré à 16.800 milliards de yens (125 milliards d'euros) le coût
annuel de son programme à partir de 2012. Un montant qu'il compte financer en
faisant la chasse aux "gaspillages" budgétaires, comme les travaux publics
prodigues et les subventions clientélistes aux régions. Il veut aussi réduire
les salaires des fonctionnaires et puiser dans le "trésor caché" constitué des
participations dans les entreprises et des biens immobiliers de l'Etat.
L'actuel ministre des Finances, Kaoru Yosano, a lâché qu'il serait
nécessaire, pour respecter ce programme à la lettre, d'augmenter la taxe sur la
consommation à 25%, contre 5% actuellement. Les conservateurs au pouvoir ont promis, pour leur part, un taux de
croissance économique annuel de 2% à partir de 2010 et d'augmenter le revenu
annuel de chaque ménage d'un million de yens (7.600 euros) en dix ans. Le PDJ a admis la nécessité d'une hausse de la taxe sur la consommation.
Mais il a fait savoir qu'il ne prendrait aucune décision à ce sujet avant les
législatives suivantes, qui auront lieu en principe en 2013.
"La politique économique du PDJ ressemble à un scénario fantasmatique à la
Robin des bois", critique Richard Jerram, économiste chez Macquarie Securities,
selon qui les démocrates ont "une approche quasi-socialiste".
Alors que le Japon est déjà le pays développé le plus endetté du monde, avec
une ardoise qui atteint presque deux fois le montant du produit intérieur brut
(PIB), M. Jerram craint qu'"un gouvernement PDJ populiste ait encore moins de
crédibilité que l'actuel pour ce qui est de stabiliser les finances publiques".
Noriko Hama, économiste à la Doshisha Business School de Kyoto, estime au
contraire qu'"une nouvelle approche en politique économique, centrée sur les
individus plutôt que sur les entreprises, est une nécessité à cause des
inégalités qui commencent à s'installer dans la société japonaise".
En 2008, plus du tiers de la main d'oeuvre au Japon était constituée de
travailleurs précaires, contre seulement un cinquième en 1990. On recensait l'an
dernier quelque 620.000 jeunes de 15 à 34 ans à la dérive, hors du monde du
travail ou de l'éducation, selon des statistiques officielles. "Une combinaison de politiques à la Robin des Bois et à la Don Quichotte est
précisément ce dont le Japon a besoin en ce moment", affirme Mme Hama.
Suivez toute la campagne pour les législatives sur Aujourd'hui le Japon
PolitiqueEconomie
Poster un commentaire :
(0 avis)