Le taux de chômage dépasse les 5% au Japon
le 29/5/2009 à 12h51
par AFP
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Le taux de chômage au Japon a augmenté de deux dixièmes de point en avril par rapport à mars, à 5,0%, son niveau le plus élevé depuis novembre 2003 (5,1%), notamment à cause des récentes suppressions de postes temporaires dans l'industrie, a annoncé le gouvernement.
Cette hausse était attendue par les économistes qui tablaient en moyenne
exactement sur le même mauvais chiffre, selon un sondage du groupe de presse
Nikkei.
La barre des 5% de demandeurs d'emploi dans la population active a rarement
été franchie au Japon et elle symbolise pour beaucoup de Nippons une réelle dégradation du marché du travail, réalité que ne cachent ni les
entreprises, ni les autorités.
Sur les 60 dernières années, le taux de chômage ne s'est jamais établi
au-delà de 5,5%, un pic atteint en avril 2003, juste avant que l'économie
nippone n'entre dans une nouvelle longue phase d'expansion brutalement
interrompue mi-2008 par la crise mondiale.
Le nombre de chômeurs a augmenté de 710.000 personnes en avril par rapport à
la même période de 2008 pour atteindre 3,46 millions, a précisé le ministère des
Affaires intérieures.
Le taux de chômage des hommes a crû de 0,4 point en avril pour atteindre
5,3%, tandis que celui des femmes a dans le même temps décliné de 0,1 point à
4,6%.
La population active japonaise était en avril composée de 63,22 millions de
personnes, 1,07 million de moins qu'un an plus tôt.
Par ailleurs, selon le ministère du Travail et des Affaires Sociales, le
nombre de postes proposés au Japon à un individu à la recherche d'un emploi a
encore diminué. En avril, le ratio était de 0,46 offre pour une demande, contre
0,52 un mois plus tôt.
L'augmentation du nombre de désoeuvrés, dans un pays où le travail est
parfois considéré comme une raison de vivre, est une des nombreuses conséquences
de la récession internationale.
Elle a conduit les firmes dont les carnets de commandes se sont brutalement
vidés à se séparer des ouvriers temporaires qui avaient été engagés sous statut
précaire en vertu d'une extension légale du recours à la main-d'oeuvre
intérimaire sur les sites de production.
De fait, ce sont eux, souvent moins qualifiés que les salariés fixes, qui
sont les plus touchés par la montée du chômage. Les titulaires de postes à durée
indéterminée ont pour leur part été plutôt épargnés par les réductions
d'effectifs.
Même si l'activité industrielle nippone montre une nette amélioration depuis
le mois de mars, les entrepreneurs ne sont pas prêts à réembaucher les
intérimaires congédiés, car il faudra des mois avant de retrouver les niveaux de
production antérieurs à la crise. En outre, dans les usines qui ont retrouvé une
cadence presque normale, les patrons préfèrent demander aux titulaires
d'effectuer des heures de travail supplémentaires, faciles à réduire en cas de
nouveau coup dur.
De ce fait, tant le gouvernement que la Banque du Japon (BoJ) ont reconnu il
y a quelques jours que, même si l'hypothèse d'un regain de croissance économique
était plausible dès le trimestre en cours (avril à juin) par rapport au
désastreux précédent, la situation du marché de l'emploi resterait mauvaise plus
longtemps, voire s'aggraverait encore.
L'augmentation du nombre de chômeurs est un facteur qui bride le redémarrage
de la consommation intérieure, moteur économique essentiel au côté des
exportations qui, elles, commencent à montrer des signes d'amélioration.
EconomieTravail
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