Le Japon accueille Rebiya Kadeer, chef de la dissidence ouïghoure en exil
le 29/7/2009 à 12h01
par AFP
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Rebiya Kadeer, chef de la dissidence ouïghoure en exil, est arrivée mardi à Tokyo pour dénoncer "le massacre et les persécutions" de son peuple par le régime chinois, qui l'accuse d'avoir fomenté les émeutes interethniques meurtrières au Xinjiang.
La dissidente, qui dirige le Congrès mondial ouïghour basé à Munich
(Allemagne), a voyagé à bord d'un vol en provenance de Washington où
elle réside depuis son exil de Chine en 2005.
"Le but de ma visite ici est de faire comprendre aux Japonais la
façon terrible dont notre peuple est massacré et persécuté", a-t-elle
dit en ouïghour, selon une traduction fournie à l'AFP par Ilham Mahmut,
qui dirige l'Association ouïghoure du Japon.
Evoquant la condamnation de sa visite par Pékin, qui l'accuse de
mener des activités séparatistes antichinoises, la dissidente a déclaré
"espérer qu'à l'avenir, beaucoup d'autres pays accepteront de me
recevoir afin que je puisse faire comprendre la situation des
Ouïghours".
Rebiya Kadeer avait prévu initialement de rester cinq jours au
Japon, mais elle a dû réduire son séjour afin de pouvoir assister
vendredi à une réunion de politique étrangère au Congrès américain, ont
indiqué ses partisans.
Une conférence de presse est prévue mercredi, ainsi qu'une rencontre
avec des responsables du Parti libéral-démocrate (PLD) au pouvoir,
selon les organisateurs de sa visite. Toutefois aucune confirmation n'a
pu être obtenue auprès du parti conservateur.
"Les détails de son séjour n'ont pas été complètement décidés et
peuvent encore changer", a déclaré à l'AFP l'un de ses partisans à
Tokyo.
"Nous sommes un peu inquiets pour sa sécurité car elle a déjà été victime d'agressions dans le passé dans d'autres pays."
Le gouvernement chinois a fait savoir au Japon qu'il condamnait cette visite.
"Ignorant les demandes répétées et solennelles de la Chine, le
gouvernement japonais a persisté en autorisant Rebiya (Kadeer) à mener
des activités séparatistes antichinoises", a déclaré lundi le
porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Qin Gang.
L'ambassadeur de Chine à Tokyo, Cui Tiankai, a de son côté averti
que les relations sino-japonaises risquaient de se dégrader si la
visite de la dissidente était maintenue.
"C'est une criminelle", a-t-il dit dans une interview à l'agence de
presse Kyodo. "Comment réagiraient les gens au Japon si un crime
violent avait lieu chez eux et que son instigateur était invité dans un
pays tiers?" s'est-il interrogé.
Pékin accuse le Congrès mondial ouïghour d'avoir fomenté les émeutes
du 5 juillet à Urumqi, capitale du Xinjiang, région autonome musulmane
de l'ouest de la Chine.
Rebiya Kadeer a nié toute implication dans ces violences.
Le Japon, dont les relations souvent tendues avec la Chine se sont
considérablement réchauffées depuis environ trois ans, a jugé les
émeutes d'Urumqi "très regrettables" et a appelé à une "résolution
pacifique" des différends.
Les affrontements, au cours desquels des Ouïghours musulmans,
turcophones, s'en sont apparemment violemment pris à des Hans, l'ethnie
dominante en Chine, se sont soldés par la mort de 197 personnes, selon
un responsable officiel.
Le Congrès mondial ouïghour, qui dénonce une "colonisation" chinoise
au détriment de la culture et de la religion de la communauté
ouïghoure, évoque de son côté, "peut-être" des milliers de morts.
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