Le groupe japonais Toyal en appelle à Sarkozy pour son site d'Accous
le 23/7/2007 à 8h25
par AFP
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Suite du feuilleton Toyal. Depuis que le député bérnais Jean Lassalle a, par sa grève de la fin, empêché le déménagement de l'usine japonaise du village d'Accous, le dossier s'enlise. Mais le groupe nippon n'a pas envie de se laisser faire...
Le groupe japonais Toyo a fait part de son intention de solliciter directement l'aide du nouveau président Nicolas Sarkozy si le blocage se poursuit sur le contentieux de son usine à Accous, en vallée d'Aspe (sud-ouest de la France).
Toyo, leader mondial en pâte et poudre d'aluminium, a par ailleurs répété qu'il n'excluait pas la possibilité de se développer en dehors de France.
"Si le gouvernement français nous propose de nouveau quelque chose qui ne nous convient pas, nous serons extrêmement déçus et nous serons obligés de prendre des mesures", a déclaré Yasuo Hayashi, directeur du développement international chez Toyo Aluminium KK.
"Solliciter un entretien officiel avec le président Sarkozy sera la première étape", a-t-il précisé.
Plus d'un an après le jeûne spectaculaire du député local Jean Lassalle, persuadé que l'usine Toyal (filiale de Toyo) d'Accous était vouée à la fermeture, malgré les dénégations des Japonais, le groupe nippon n'a toujours pas trouvé d'accord avec l'Etat français.
Les négociations butent sur l'application d'un protocole d'accord signé en 2006 entre l'entreprise et Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, à la fin du jeûne de M. Lassalle.
Le désaccord est essentiellement financier.
Le groupe japonais attend désormais la réponse de l'Etat français à une nouvelle contre-proposition écrite qu'il a soumise le 5 juillet dernier.
"Si le gouvernement français respecte ses engagements pris lors du protocole, nous n'aurons pas besoin de rencontrer M. Sarkozy. Nous attendons donc la réponse du gouvernement", a souligné M. Hayashi.
Mais le responsable de Toyo a indiqué que "le groupe a déjà commencé à étudier les différentes possibilités" de se développer hors de France, évoquant l'hypothèse de l'Inde.
"C'est possible, mais ce n'est pas le moment d'en parler", a dit M. Hayashi.
Toyo s'en tient au protocole signé l'an dernier par lequel "l'Etat (français), (le pétrolier) Total et les collectivités locales sont prêts à compenser financièrement le surcoût éventuel de l'implantation à Accous".
L'extension de son usine à Accous, dans une vallée pyrénéenne encaissée, contraint Toyal à mettre son usine aux normes Seveso II.
"Cela coûte plus cher de s'étendre à Accous à cause de cette mise aux normes. L'Etat français devrait prendre en charge cette dépense supplémentaire", a réaffirmé M. Hayashi.
De leur côté, les représentants de l'Etat français ont récemment assuré avoir été au bout de ce qu'ils pouvaient offrir au groupe japonais, conformément à la législation européenne en matière de concurrence.
A terme, le blocage du dossier risque de jouer sur l'objectif de développement mondial du groupe qui veut accroître de 40% à 50% sa part du marché technique des poudres et pâtes d'aluminium, utilisées pour la peinture métallisée des voitures, a souligné M. Hayashi.
"Notre industrie est liée à l'industrie automobile qui ne cesse d'étendre ses activités. Nous devons donc faire de même", a-t-il plaidé.
Pour réaliser ce développement, l'entreprise avait annoncé en mars 2006 un investissement de 25 millions d'euros dans son usine d'Accous et un projet de développement de capacité de broyage à Lacq, à 65 km de là, où elle comptait également investir 6 millions d'euros.
Mais le député du canton d'Accous, Jean Lassalle, alors persuadé qu'il s'agissait d'une "délocalisation masquée", avait entamé une grève de la faim qui s'était s'achevée avec la signature du protocole, l'abandon du projet de Lacq et la décision de s'étendre à Accous.
"Cette histoire française a une énorme influence sur notre développement. Nous voulons donc accélérer les choses pour trouver une solution. Mais nous ne voulons pas l'affrontement. Notre demande à M. Sarkozy est simple: soyez honnête, respectez vos engagements", a conclu M. Hayashi.
Toyo Aluminium est détenu à 100% par Nippon Light Metal Company.
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