La croissance verte, nouveau moteur de l’économie japonaise ?
le 6/4/2009 à 12h36
par Mathilde Bonnassieux (Aujourd'hui le Japon)
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Alors que le pays s’enfonce chaque jour un peu plus dans la crise, les secteurs de l’énergie de l’environnement affichent une étonnante bonne santé. Un dynamisme qui vient tout droit des plans de relance « propre » mis en place à l’étranger.
Licenciements massifs, fermeture d'usines, croissance en berne, au Japon, pas un jour ne se passe sans qu'un nouveau chiffre ne vienne assombrir le tableau de la situation économique.
Et pourtant, tout n'est pas si noir. Au contraire, pour certains secteurs, comme ceux de l'énergie et de l'environnement, les perspectives n'ont jamais été si florissantes.
Mitsubishi Heavy Industries par exemple qui a déjà un carnet de commandes de générateurs éoliens, déjà bien rempli, à destination des Etats-Unis, compte sur un accroissement de la demande américaine à moyen et à long terme. De son côté, Sanyo a multiplié par deux et demi depuis le début de l'année, la capacité de production de son usine d'assemblage de panneaux solaires située au Mexique, misant sur une hausse de la demande dans les foyers américains.
Pour ces entreprises, la recette tient en deux mots : croissance verte. Les politiques de relance « propre » mise en place dans plusieurs pays constituent en effet une véritable aubaine pour les secteurs de l'environnement.
Parmi les principaux bienfaiteurs, les Etats-Unis. L'administration Obama a annoncé en février dernier un plan de relance de 787 milliards de dollars, dont 40 milliards destinés au développement des énergies renouvelables et à la promotion des véhicules électriques.
Ambitieux, ce plan ne devrait pas profiter uniquement aux entreprises américaines. C'est en tout cas le pari qu'a fait Honda en lançant ce mois-ci sur le marché américain sa nouvelle voiture hybride bon marché, « Insight ».
“Les plans de relance des Etats-Unis et de la Chine auront un impact direct sur les fabricants japonais”, expliquait au quotidien Asahi Shimbun un haut responsable du ministère de l'Economie et de l'Industrie.
Conscient de la demande potentielle des Etats-Unis, Sanyo prévoit déjà de construire dans l'Oregon une usine qui fabriquera des composants pour cellules solaires.
Le business vert représente d'ailleurs une telle manne que les aides publiques mises en place à l'étranger sont devenues un critère de décision pour les grands groupes japonais dans l'élaboration de leur stratégie.
Tablant sur le développement d'installations solaires en Europe, la société japonaise de commerce C. Itoh par exemple a commencé par investir dans des entreprises norvégiennes, puis italiennes et grecques, avant de se tourner vers l'Europe de l'Est, notamment la République Tchèque et la Bulgarie.
“Dans les pays où il existe déjà une réelle démocratisation de l'énergie solaire, les aides du gouvernement tendent à se réduire”, expliquait dans les colonnes d'Asahi Shimbun, un responsable du département des métaux non ferreux. “Les pays les plus attractifs sont ceux qui en sont au démarrage.”
Mais le business vert n'est pas qu'une manne extrafrontalières. En janvier dernier, le ministère de l'Economie et de l'Industrie a rétabli les subventions destinées aux installations solaires chez les particuliers.
Une opportunité de taille pour tous ces grands groupes qui ont décidé de miser sur le business vert. Les fabricants de batteries solaires se sont d'ailleurs aussitôt engagés dans la brêche.
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