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L'interdiction aux mineurs d'un film japonais des années 60 suscite l'émoi

le 3/10/2007 à 7h25  par AFP

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Un film japonais des années 60 inédit en France, "Quand l'embryon part braconner", sort mercredi assorti d'une interdiction aux moins de 18 ans, ravivant les craintes des professionnels du cinéma qui s'inquiètent d'une aggravation de la censure touchant des films singuliers.

Pour la deuxième fois en dix mois après le film d'horreur américain "Saw III" en novembre, cette mesure de restriction rarissime, qui frappe cette fois un film appartenant au patrimoine cinématographique mondial selon les professionnels, est liée à la violence des images et non à la présence de scènes de sexe explicite.

"Cette décision est justifiée par la violence et le sadisme d'une grande partie des scènes" du film, a expliqué la ministre de la Culture Christine Albanel mardi soir, indiquant agir "en plein accord avec les motivations" de la Commission de classification des oeuvres cinématographiques.

Esthétiquement réussi, tourné avec de petits moyens dans un noir et blanc granuleux, "L'embryon" s'inscrit dans la veine du cinéma érotique japonais ("pink-eiga") et porte la signature de Koji Wakamatsu, prolifique auteur underground qui a co-signé et produit "L'Empire des sens" d'Oshima.

Vendredi, la Commission avait "estimé à une large majorité que le film +présente une image des relations entre les êtres fondée sur l'enfermement, l'humiliation et la domination de la femme+".

La ministre, qui tranche en dernier ressort, a suivi l'avis de la Commission après s'être "entretenue" avec sa présidente, Sylvie Hubac, et délivré un visa d'exploitation assorti d'une interdiction aux moins de 18 ans bien que le film ne soit pas pornographique (classé X), un cas de figure créé par un décret du 12 juillet 2001, qui n'a concerné que cinq films depuis.

Parmi eux, quatre --"Baise-moi" de Virginie Despentes, "Polissons et galipettes" de Michel Reilhac, "Ken Park" de Larry Clark et Edward Lachman et "Nine songs" de Michael Winterbottom-- avaient été interdits aux mineurs en raison de nombreuses scènes de sexe explicite.

Mais en novembre 2006, "Saw III" de Darren Lynn Bousman a ouvert une brèche en écopant de la même interdiction uniquement en raison de sa violence.

Six organismes professionnels du cinéma et l'Observatoire de la liberté d'expression de la Ligue des droits de l'homme (LDH) se sont insurgés mardi contre "l'interdiction aux mineurs d'un classique" qu'ils jugent "contraire à la jurisprudence".

Ils soutiendront le distributeur de "L'Embryon", Zootrope, dans son projet de contester cette décision auprès du Conseil d'Etat, disent-ils.

"Quand l'embryon part braconner" narre la descente aux enfers d'une jeune vendeuse qui flirte avec son patron, lequel s'avère être un pervers qui la séquestre, l'affame et la frappe pendant des jours.

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