En déclin, le parti conservateur s'apprête à perdre le pouvoir au Japon
le 6/7/2009 à 12h33
par Hiroshi Hiyama (Aujourd'hui le Japon)
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Le Parti libéral démocrate (PLD), au pouvoir au Japon depuis plus d'un demi-siècle, est en pleine détresse à quelques semaines d'élections cruciales que l'opposition se fait fort de remporter face à un Premier ministre incapable de redresser la barre.
Le taux de popularité du chef du gouvernement Taro Aso stagne sous la barre
des 20%, les médias le donnent déjà perdant et beaucoup au sein de son propre
parti réclament sa démission pour sauver ce qui peut encore l'être avant les
législatives prévues au plus tard en septembre.
"Nous assistons à ce qui apparait comme l'effondrement du PLD", a commenté
Tomoaki Iwai, professeur de sciences politiques à l'université Nihon de Tokyo.
"Les politiciens sont en train de penser uniquement à leur propre survie".
De nombreux analystes s'accordent à penser qu'à ce rythme, le PLD, qui a
déjà été balayé aux élections sénatoriales en 2007, est parti pour perdre
également la majorité au sein de la toute-puissante Chambre des députés.
54 années au pouvoir
Un scénario qui semblait impensable il y a encore peu, étant donné l'énorme
influence du parti conservateur qui a su tisser des liens étroits avec les
grands conglomérats et les lobbys agricoles et s'assurer le soutien de millions
de fonctionnaires depuis sa naissance en 1955.
Pendant ces 54 années, qui ont vu le Japon renaître de la défaite et
s'élever au rang de deuxième puissance économique du monde, le PLD n'a cédé le
pouvoir que pendant dix mois, en 1993-94, au profit d'une coalition éphémère de
plusieurs groupes d'opposition.
Aujourd'hui, le Parti démocrate du Japon (PDJ), principale force
d'opposition, a de bonnes chances de remporter les élections et constituer un
gouvernement avec l'aide d'autres formations politiques.
"Le PDJ va probablement gagner le scrutin face à un PLD en chute libre", a
estimé Sadafumi Kawato, professeur de sciences politiques à l'Université de
Tokyo. "Le principal problème du PLD, c'est son équipe dirigeante".
Déclin depuis le départ de Koizumi
Le déclin du parti conservateur a commencé après le départ en 2006 du très
populaire Premier ministre Junichiro Koizumi. Trois chefs de gouvernement lui
ont succédé à un an d'intervalle, dont M. Aso nommé en septembre 2008.
A l'époque, les observateurs s'attendaient à ce qu'il convoque dans la
foulée des élections législatives anticipées, mais la brutale récession
économique mondiale a contrarié ses projets.
Contraint de gérer la plus grave crise depuis la fin de la deuxième Guerre
mondiale, M. Aso a vu son capital de sympathie auprès du public fondre à mesure
qu'il multipliait les gaffes et les volte-face.
"Si le PDJ l'emporte, ce sera le premier véritable changement de
gouvernement", a souligné M. Kawato, contrairement à ce qui s'était passé il y a
15 ans lorsqu'une mosaïque de petites formations avait tenté de gouverner le
pays, sans vraiment y parvenir.
Les commentaires de la presse ne sont pas tendres non plus pour le Premier
ministre.
Détérioration de la capacité du PLD à gouverner
Le plus grand journal japonais Yomiuri Shimbun, pourtant favorable aux
conservateurs, a relevé dans un commentaire récent que les volte-face et les
hésitations du Premier ministre "ont mis en évidence son manque de commandement
et provoqué des divisions au sein du parti".
Le journal Asahi Shimbun, plus libéral, a estimé pour sa part que les
problèmes de M. Aso symbolisent "la détérioration de la capacité à gouverner du
PLD après avoir été au pouvoir pendant si longtemps".
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Politique
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